La mort en direct: Brandon, Kevin, Abraham... Omayra

Publié le par Olga


Brandon Vedas

Kevin Withrick

Abraham Biggs


3 suicides en direct sur internet et un scénario étrangement similaire. Heureusement, ça ne passe pas toujours comme ça . Si ça peut vous réconforter cliquer .


Quand je pense à la mort en direct, je pense à l' impuissante  gamine de 8 ans que j'étais  à ne pas pouvoir sauver la petite colombienne prise dans la lave. Celle qui passait à la télé pendant que je me préparais pour aller à l'école. Je me rappelle de son sourire alors que sa tête émergait péniblement de la boue. Le caméraman  lui posait des questions (pour la réconforter, résister jusqu'à l'arrivée des secours?).Je demandais aux adultes" Mais pourquoi, il prend pas une pelle le monsieur, au lieu de tenir une caméra?"

Aucune réponse adulte ne me satisfaisait.


"Prépare- toi pour aller en classe, Olga. Des fois , il faut savoir accepter la réalité sans se poser trop de questions."

"Alors la réalité, faut pas me la montrer si vous ne voulez pas que je vous pose des questions!"

Je suis rentrée de l'école et le visage éprouvé d'Omayra  Sanchez n'était plus à la télé. Je n'ai pas posé de questions. Je savais. Le visage d'Omayra n'est plus dans la télé mais dans ma tête, encore aujourd'hui.






@@@@@@26 Novembre 2008

Ajout complémentaire

Certains d'entre vous doivent penser que Abraham, Brandon, Kevin voulait juste se montrer en spectacle et que de toutes façons, il se seraient tuer avec ou sans webcam. Je pensais ça au début mais ne m'y connaissant rien en suicide, je suis allée sur des sites de prévention. Or,  je constate mon ignorance. C'était un véritable appel à l'aide.


Certaines internautes ont assisté à la scène disant ne pas y croire.Est-ce une manière de se dédouaner, la personne habite dans un autre pays que le nôtre de toutes façons et puis on a pas envie de perdre du temps, on ne se sent pas la carrure d'un super- héros. Or si on est dans un webchat, c'est que du temps à perdre, on en a à revendre!



Mythes/ tabous sur le suicide



1. Suicide sur un coup de tête: Le suicide suit un processus pouvant s'échelonner de quelques mois à quelques semaines. Chez les adolescents et les personnes impulsives, le processus peut se dérouler en quelques jours voire même quelques heures.

2. Suicide et milieu défavorisé: Le suicide se produit dans toutes les classes de la société. Le suicide est relié à une incapacité à faire face à ses souffrances et de résoudre ses problèmes. Toute personne peut, un jour, suivant une ou des pertes significatives, se retrouver devant cette incapacité.

3. Un suicide dans la famille: Le suicide n'est pas héréditaire. C'est un modèle de résolution de problème qui peut se transmettre par apprentissage. Cependant, il n'existe pas de relation mécanique entre le suicide dans une famille et la suicidalité des autres membres.

4. Amélioration subite: À certains moments, lorsque la personne a décidé de son plan, "où, quand, comment" elle va le faire, elle peut paraître mieux. Elle se sent soulagée d'avoir pris sa décision. La personne a-t-elle reçu de l'aide? Sa situation a t-elle changée? Il faut aller vérifier nos doutes.

5. Empêcher le suicide toujours: En dernier lieu, le suicide est la décision de la personne elle-même. Nous ne sommes pas des "sauveurs" mais nous avons la responsabilité de lui offrir d'autres alternatives et d'assurer sa sécurité.

6. Parler encourage le passage:
Il faut parler directement du suicide avec la personne qui souffre car elle a besoin de dire sa souffrance. C'est en utilisant les vrais mots que nous aurons des vraies réponses.

7. Une personne suicidaire veut mourir: Elle ne veut pas mourir mais faire cesser sa souffrance. Ce qu'elle veut tuer ce n'est pas elle mais la souffrance qui l'habite.

8. Secret/discrétion:
On ne doit jamais promettre le secret face à une menace suicidaire mais nous pouvons promettre la discrétion. Le secret peut être lourd conséquence pour la personne en difficulté comme celle qui reçoit la demande.

9. Suicide un jour, suicidaire toujours: Pour la majorité des personnes, un épisode de crise suicidaire, est une réalité ponctuelle, circonstancielle. Il suit une accumulation de pertes significatives pour la personne. Il s'inscrit donc dans le temps.

10. Reconnaissance d'une personne suicidaire: Des études affirment que sur 10 personnes décédées par suicide, 8 avaient laissé des messages. C'est dire que dans 80% des cas, si nous connaissons bien les signes précurseurs, nous pourrions détecter les messages d'une personne en détresse.

11. Image déprimée: Il est vrai que les personnes suicidaires sont en général dans un épisode de dépression. Par contre, certaines personnes cachent leur souffrance par une attitude souriante, dure, insensible etc.

12. Attirer l'attention: Il faut prendre au sérieux les menaces suicidaires car elles traduisent un état de mal être; elles sont des appels à l'aide.

13. Lâche/courageux: Une personne suicidaire n'est ni lâche ni courageuse mais souffrante et est temporairement dans un état d'esprit qui ne lui permet pas d'entrevoir une autre solution.


 
 


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Daphne 11/08/2016 01:09

Bonjour Olga, Je suis Daphne et je vis en HAITI. Merci du fond du coeur pour ces mots. Les yeux d'Omayra occupent mon esprit depuis deux ans depuis que je suis tombe sur son histoire par hasard. Je m'etais promis de lui rendre hommage a ma facon. Immortalise ce courage qui me fait fremir. Et toujours la question pourquoi qui revien.t Je travaille sur une creation artistique a partir de l'histoiree d'Omayra qui me touche beaucoup. Ton article m'interesse. Si possible, peut etre utiliser des passages. Fais moi signe stp sur mon mail: eganrts4m1@yahoo.fr ou sur facebook: Dm Menard
A vite!

Olga 23/08/2016 18:26

Bonjour, oui tu peux utiliser mon article, juste citer la source. N hésite pas a me mettre un lien quand tu s finalisé ton oeuvre

cyndell 02/12/2008 20:34

Pourquoi se suicider?la vie est telle quel! Je pense que tout se qui nous arrive à un sens même si parfois on le comprends pas.La seul raison qui me pousserait à le faire c'est si je serais dans le cas de la dame qui avait une tumeur à la tête par exemple...une vrai souffrance.Malgré tout on a qu'une vie , on a jamais dit que c'etait facile et il faut se battre pour en profiter, il y aura toujours meme une petite lueur de bonheur quelques part.

philou 26/11/2008 14:43

ça continue a me faire gamberger, en rond et sans fin...c'est effectivement un article qui souleve des tas de questions...face a notre propre mort, pour peu qu'on ait ete confronté de pres ou de loin a des exemples, proches ou pas, a la mort, a l'accident imprévisible, a la detresse sur le trottoir, dans un regard qui t'interpelle...le pb d'internet c'est qu'il permet un acces, un regard partout, quasi instantané mais avec l'anonymat, la securité de tourner le bouton, ou l'impossibilité de tendre la main aussi...ce n'est pas la vraie realité : c'est une realité deformée, figée, comme une autre dimension : la vraie realité est parfois bien differente (les sites de rencontre sont un bon exemple de ça...) je crois que trop s'investir dans ce monde internet presente certains dangers, sournois et insidieux...mais aussi plein d'autres choses positives...restons lucides et vigilants, sinceres et honnetes, enfin...essayons. Merci Olga pour cette reflexion qui fait du bien parfois, entre 2 sourires...

Olga 26/11/2008 22:23



Ce que j'aime beaucoup dans internet comme présentement, c'est que j'écris un article qui disons le est "touilleur d'entrailles" et par vos commentaires vous
apportez une nouvelle lumière à mon article. Je suis contente que chacun d'entre vous avec vos différences exprimaient votre ressenti parce que je remarque que les lecteurs lisent beaucoup vos
commentaires. Ont- ils besoin de lire eux aussi un éclairage différent de mon billet? Bref, c'est très constructif tout ça. 


 



britBrit 26/11/2008 11:32

J'étais assez jeune au moment de l'affaire Omayra et comme toi, je vois régulièrement ce visage dans ma tête. Cette soudaine lueur de maturité dans ses yeux qui savait que la fin était inéluctable. 
Tu remues beaucoup de choses en moi à travers ce "souvenir"...

Olga 26/11/2008 21:36


Finalement de me rappeler de cette petite des années après, j'ai l'impression d'une libération de je ne sais quoi. Pour illustrer ce post, je cherchais une photo
d'Omayra et j'ai trouvé celle- ci hors bien que j'avais son visage dans ma tête, je me souvenais d'elle autrement, dans ma tête, elle me ressemblait plus parce que je crois m'être identifié à cette
petite. Peut être que l'empathie, c'est ça. S'imaginer que les autres , c'est nous... Je sais , c'est flou mais bon.


yves 26/11/2008 10:12

Je me souviens de ce reportage et je ne pense pas qu'il s'agissait là de faire du voyeurisme sordide. Attention aux amalgames. Le journaliste était là pour faire son boulot et souhaitait bien sûr montrer le sauvetage de la petite fille comme le voulait la terre entière. Ca ne s'est malheureusement pas passé comme ça et la fin fut tragique comme chacun sait. Quant à la question sur le pourquoi les gens se sont intéressés à cela ? Je ne sais quoi répondre. Certainement qu'on s'est tous identifié à cette mort horrible ... alors que les enfants qui meurent du paludisme, du choléra, du noma ou de je ne sais trop quoi nous laissent dans l'indifférence. Vaste sujet de polémique. Bravo pour l'avoir soulevé.

Olga 26/11/2008 10:37



Si ce que tu dis est vrai, tant mieux. J'étais vraiment petite à l'époque et je n'ai pas vu les choses sous cette angle.


Si montrer la souffrance d'un individu permet de soulever des fonds, peut - être?


Pourquoi les secours ne sont pas venu à temps? Je n'ai pas eu le temps de chercher hier ce sujet travaillant en dehors de mon blog   et parce que je
regardais une autre émission très flippante à voir absolument sur arte."mâles en péril"


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