Quand j'étais moche (4)

Publié le par Olga

  Quand je l'ai alpagué sur le chat de Meetic en novembre dernier, j'étais sûre d'une chose: qu'il allait me répondre. J'ai fait mes preuves sur ce site et ma confiance était inébranlable. Une fois sur Msn, je lui ai envoyé une photo. Il a demandé à ce qu'on se voit le soir même. Je ne pouvais pas. Surtout, j'avais la flemme de me pomponner.Il était déjà 20h.

"Demain, ça te va?

"Ok!"

 Pour la énième fois, il m'a recommandé de ne pas fuir quand je le verrais. Son ton ironique se fit plus sérieux. Il me fit promettre :

"Olga, je te demande juste une chose. Quand tu vas me voir, tu vas être assez surprise. Ne pars pas, accepte le verre que je te proposerai et tu ne le regretteras pas"

J'ai bien mis une heure à me faire belle. Je ne voulais pas qu'il reconnaisse en moi Olga la moche de l'Université. Sous cette couche de vanité, d'assurance de fille bien roulée et ultra-courtisée, je n'ai pas besoin de gratter loin pour retrouver les racines de celle que je fus jadis.Très souvent, je fais ce cauchemar. Je sors dans la rue, crâneuse, tordant du cul et tout le monde rit. Je me regarde dans un miroir. Je vois elle: Olga la moche.

  Si je n'avais pas eu cette bourse universitaire pour New- York, je serais encore elle. Etrangement, je n'en souffrais pas. J'étais plus dans les livres que dans les magasins de fringue. Il a fallu que cette femme m'interpelle dans le métro de Manhattan:

"Miss, miss!".Je me suis retournée. Elle m'a regardée, satisfaite comme si un gisement de pétrole jaillissait de mon visage.

"Oh my god, vous êtes celle qu'il me faut!"

Un mois après, je me retrouvais dans une émission dont le but était de transformer les grenouilles en princesse. Enfermée pendant un mois dans un loft avec d'autres filles, nous devions prendre des cours de maintien, de danse, d'épilation. Nous avions une salle de gym, des masseurs et des esthéticiennes à notre disposition ainsi qu'une salle d'opération chirurgicale. Malgré la pressiondu public pour que je me fasse refaire les seins et une offre de 5 000 $ de la marque de soutif Big Titi, j'ai refusé les implants mammaires.Je trouve qu'un 90 C naturel, c'est bien suffisant. Je ne regrette rien. Cependant, j'ai accepté l'épilation de mon mono- sourcil, le blanchiment des dents, les extensions, la coloration, les fringues de luxe. J'ai perdu une vingtaine de kilos grâce au coach (celui de Mariah Carey et Jennifer Lopez).

 J'ai appris à marcher avec des talons aiguilles, à être fière de mon corps. J'ai réussi haut la main l'épreuve du strip-tease(soft). Cette émission a battu des records d'audience. Quand je suis sortie, on m' a proposé des emplois de potiche pour des programmes de télé- achat. C'est moi qui essayait tout sourire les appareils de muscu dernier cri, je tournais les lettres sur le plateau de" la roue de la fortune locale".Des emplois que je n'aurais jamais accepté avant. Difficile de redevenir méga-féministe, quand on vous regarde avec autant d'envie qu'un Magnum aux amandes!

Publié dans meetic story

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Regine 13/01/2008 12:02

C'est plausible . C'est arrivé à une de mes cousines

Vincent 21/12/2007 15:11

c'est vrai ça ou c'est inventé??

Olga 28/12/2007 08:49

La vérité si je mens!